Et si l’on parlait en toute Franchise dans le Grand Est ?

C’est le rendez-vous le plus attendu par les adeptes, la Franchise Expo Paris revient du 20 au 23 mars dans la capitale. L’occasion pour les 500 exposants de faire la promotion de leur marque pour attirer des candidats à la franchise.

Sur le papier, la franchise a tout pour plaire. ”L’entreprise bénéficie d’une image de marque, de sa communication et de sa notoriété”, explique Saloua Bannaghmough-Maire, Membre du comité scientifique de la fédération française de la Franchise.

Un concept qui a séduit Pierre Bernardin, franchisé de Plus Que Pro depuis 3 ans à Reims. “C’est une bonne transition pour passer de salarié à patron. On est accompagné par l’entreprise, il y a des formations à disposition. Et quand il a fallu que je mette les 50 000 euros d’apport sur la table, ils ont fait toutes les démarches pour moi auprès de la BPI et de la banque. J’ai été accompagné de A à Z”.

Ce format de création d’entreprise séduit chaque année de plus en plus d’entrepreneurs en France. En 2021, 43% d’entre eux souhaitait devenir franchisé. Pourtant dans le Grand Est, la Franchise peine à séduire. Pourquoi ?

De l’offre à la franchise, il n’y a qu’un fossé

88 demandes dans la restauration, 85 dans le B2B, 82 dans les Services aux particuliers…Ils sont nombreux les franchiseurs souhaitant se franchiser dans le Grand Est. Il faut dire que c’est la 4e région la plus riche de France. Un potentiel économique donc, qui attire de plus en plus de marques. “Il y a une grande quantité de TPE et PME sur ce territoire. Nous, on aide cette catégorie d’entreprises à se développer sur le web. Notre secteur est en plein boom. C’est une mane de clients potentiels non négligeable. C’est pour ça qu’on cherche à se développer là-bas”, témoigne Karim Soualah, Responsable réseau mandataire au sein de Cohérence Communication. Comme eux, des milliers de marques tentent chaque année de développer une franchise dans le Grand Est. Seulement voilà, dans la région, les candidats manquent à l’appel. Pourquoi ?

Saloua Bennaghmouch-Maire est Responsable du Master Franchise de Colmar. Pour elle, la réponse se trouve du côté de la zone géographique. “D’un côté, on a une région qui a des liens étroits avec l’Allemagne. Un pays qui développe davantage les coopératives que les franchises. D’un autre, on a le Grand Est et une grosse culture locale. On a énormément de commerces et d’artisans locaux”. Un paradoxe, quand on sait que le premier master dédié à la Franchise a été créé dans la Région. 

La Grande Est pourvoyeur de talents mais dépourvue de franchise

Dans la Grande Région, on avait flairé le potentiel de la franchise dès 1984. C’est à ce moment là, que l’Université de Colmar a commencé à proposer la première formation de France dédiée à la franchise. Aujourd’hui, c’est un master qui cartonne. “Il y a 3 formations en France et on est encore aujourd’hui, numéro 1. On a formé plus de 1 000 étudiants en activité depuis sa création”, explique Saloua Bennaghmough-Maire, Responsable de ce Master.

Des étudiants formés à devenir des têtes de réseaux et qui recrutent des franchisés. Cependant faute de travail, les diplômés fuient la région pour les grands centres de franchise comme Paris. Pour tenter de remédier à cette problématique, les actions se multiplient. 

Aides et accompagnements, le Grand Est met le paquet

Pour développer l’attractivité de la franchise dans la région, l’ensemble des acteurs s’active. Les collectivités lancent des opérations de dynamisation des cœurs de villes. De leur côté, les organismes territoriaux, comme la BPI ou la Chambre de commerce, mettent en place des accompagnements. Même les banques proposent des services spécialisés.

Pour Saloua Bennaghmough : “Il y a de plus en plus d’aide au développement pour les franchises. Mais pour répondre au manque d’attractivité, il faut vraiment qu’il y ait une volonté politique derrière”. Et ça, les instances l’ont bien compris. Ces derniers chassent sur tous les tableaux, surtout sur celui des femmes. Il faut dire que la franchise séduit majoritairement la gente féminine. Elle représente 40% des franchisés, alors même que les femmes ne sont que 4 entrepreneurs sur 10.

La franchise, plus attirante pour les entrepreneures ?

Frédérique Marinot est courtière indépendante en financement depuis 6 ans, à Nancy. En 2019, elle s’est associée avec son ancien mandant pour développer une franchise : Ymanci, sous un contrat de concession de marque. “On a choisit la concession de marque. Comme ça, on reverse une redevance proportionnelle à nos revenus, contrairement à la franchise qui implique une redevance mensuelle. Mais aussi, parce que la communication ce n’est pas notre cœur de métier. On profite alors de la stratégie de communication de la marque et on est protégés juridiquement”.

Un modèle clé en main qui a tendance à sécuriser d’avantage les femmes par la forme et l’accompagnement. Et ça, la Grande Région l’a bien compris ! C’est d’ailleurs l’une des rares régions à proposer des salons de la franchise, exclusivement dédiés aux femmes. Un moyen de compenser son retard en terme d’entrepreneuriat féminin.

Il faut dire que la franchise, c’est aujourd’hui un marché à 68 milliards d’euros. Un potentiel économique qui fait baver d’envie les acteurs du Grand Est.

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About the author

Journaliste Reporter d’Images pendant plus de 6 ans, j’avais envie de me tourner vers la presse écrite. Je traite principalement des sujets qui touchent à l’environnement et à l’entreprenariat féminin.

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