Le mouvement vegan trouve-t’il écho dans le Grand Est ?

Vous connaissez le Veganuary ? Lancé par l’association L214, le but est de sensibiliser au Véganisme. Alimentation, mode, les entrepreneurs ont saisi l’occasion et multiplient les alternatives dans le Grand EstMais où en est le mouvement vegan, aujourd’hui ?

“Vous voulez de la veganaise avec vos frites?”. Cette phrase est devenue une référence dans la rue Geiler, de Strasbourg. C’est ici que c’est installé Velicious, le 1er restaurant vegan du Grand Est, il y a maintenant 6 ans. Le restaurant a tellement cartonné que d’autres ont suivi : Velicious Burger, Vegeman… “On s’est rendus compte qu’il y avait déjà une grosse communauté vegan dans la Région mais, aucun restaurant pour répondre à ce besoin”, explique Cédric Mincato, co-fondateur de ces enseignes, avec sa compagne Elena Reckewell.

Jusqu’en 2015, la Grande Région était à la traîne. Pourtant, le mouvement s’est nationalisé dès 2010. Aujourd’hui, il grandit et les offres se multiplient. Mais avec la Covid, le mouvement a été ralenti dans son ascension. De quoi décourager les adeptes ?

Être Vegan, une philosophie avant tout

Flexitarien, végétarien, vegan, difficile de ne pas se perdre entre tous ces nouveaux régimes alimentaires. Si comme les végétariens, ils ne consomment ni viande, ni poisson, les vegans ajoutent une dimension supplémentaire à leur régime alimentaire en ne consommant aucun produit d’origine animal. Fini les œufs, le miel ou encore le fromage mais également, tous les produits fabriqués à base de cuire ou de soie. En d’autres termes, être vegan c’est bannir de son quotidien tout ce qui ne respecte pas le bien être animal.

Un régime alimentaire mais pas que ?

Maroquinerie, Mode, Cosmétique, alimentaire, l’offre s’est multipliée un peu partout en France ces dernières années. Un marché qui rapporte 380 millions d’euros de chiffre d’affaires. Pourtant dans le Grand Est, mis à part Strasbourg, les enseignes se comptent sur les doigts d’une main.

Quand je me suis lancée, je me suis vite rendue compte que j’étais la seule à proposer ça dans la Région”, explique Cassandra Bizzini, en parlant de sa marque de vêtements en dessins imprimés Vegan, In Wolf we Trust.

Être vegan, une convergence des luttes pour les entrepreneurs

”Il existe différents mouvements. Vous avez le véganisme qui concentre tout ce qui est mode de vie consumériste. Après, vous avez l’Animalisme qui se base sur le traitement animal en politique. Et enfin, vous avez l’antispécisme où là, on va militer pour que tous les animaux soient traités avec le même respect”, raconte Cassandra Bizzini. Mais être vegan, ce n’est pas seulement penser aux animaux pour Virginie Beneforti, représentante de l’association L214 à Reims. “La majorité des vegans mettent en avant le bien être animal et font par déclinaison, attention à l’environnement”.

Une reflexion globale, que les entrepreneurs de la Région mettent en avant. “En plus de proposer des produits vegans, locaux et fait maison, on a choisit d’alimenter nos restaurants avec de l’électricité verte. Du côté des emballages, ils sont biodégradables et compostables. Une fois utilisés, ils sont recylcés pour devenir du compost qui va a son tour nourrir les produits utilisés pour nos burgers. Ça nous coûte un peu plus cher mais, on le répercutes sur les prix“, explique Cédric Mincato, co-fondateur de Velicious.

Le veganisme dans le Grand Est, pas toujours évident ?

“Je me rappelle quand on s’est rencontrés avec ma conjointe, c’était assez tabou d’être vegan à l’époque. On a mis plusieurs jours à s’avouer qu’on était végétariens, puis à avouer à notre entourage quand on a choisi de devenir vegans”, témoigne Cédric Mincato. Il faut dire que le mouvement Vegan a moins d’une quinzaine d’année dans le Grand Est. 

Avec 2 burgers vegans, un restaurant, un kebab, une marque de vêtement, Strasbourg s’est donc imposée comme ambassadrice du mouvement dans le Grand Est. Pourtant, dans le reste de la région, l’offre n’est pas toujours au rendez-vous. « Du côté de l’alimentation, on voit une nette progression de l’offre dans les magasins où les grandes surfaces. Ce qui manque en local, ce sont les restaurants ou les magasins de vêtements et de chaussures. On n’a pas vraiment de magasins dédiés aux matières végétales», explique Virginie Beneforti, représentante de L214 à Reims. 

Un marché en expansion dans la région ?

De plus en plus d’entreprises commencent à proposer des produits végans, dans la Grande Région comme le confirme Virginie Beneforti, référente L214 à Reims “Les enseignes comme Carrefours, Monoprix, Biocoop ou encore dominos se sont déjà engagés dans le Veganuary avec de plus en plus de produits”.

Un marché en expansion qui porte ses fruits “en 2019, Velicious Burger a engrangé 716 000 euros de chiffre d’affaire hors taxe, avec seulement 35 places assises » s’enthousiasme Cédric Mincato. Un marché donc, qui gagne du terrain. « On a une demande grandissante, aujourd’hui. Et ce ne sont pas que des personnes déjà vegans. Dans nos restaurants, on a également des flexitariens (personnes qui réduisent leur consommation de viande), des végétariens mais également, des personnes qui veulent juste apprendre à manger autrement ». 

Aujourd’hui, même auprès des entrepreneurs, le mouvement peine à se développer. La raison se trouve peut-être du côté des statistiques. En France, seuls 0,3% de la population se déclare vegan selon une étude réalisée en 2020 par l’IFOP. Hors, la grande majorité des entrepreneurs qui se lancent sur ce marché portent eux-mêmes les convictions du mouvement.

Aujourd’hui, 20% des français déclarent consommer vegan occasionnelement. Le nombre de recherches sur Google a, par ailleurs, été multiplié par 5 en 2020 porté par les nouvelles générations. Un chiffre en hausse même si, dans le Grand Est, les offres tardent à prendre leur envole.

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Journaliste Reporter d’Images pendant plus de 6 ans, j’avais envie de me tourner vers la presse écrite. Je traite principalement des sujets qui touchent à l’environnement et à l’entreprenariat féminin.

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