Grand Est, les idées fusent dans l’innovation

On a tous déjà eu cette idée un peu folle d’inventer la machine à remonter le temps… Quand certains crient à l’hérésie, des entrepreneurs du Grand Est trouvent le moyen de faire d’une utopie, une innovation.

Il fallait juste avoir l’idée ! De l’Art à la Tech, l’innovation a toujours été portée par le développement d’idées nouvelles. Pour Charles-Antoine Robert, c’était en utilisant la controversée intelligence artificielle. Une façon pour lui, d’améliorer les diagnostics des médecins : “Les données des patients à hôpital sont collectées de manière anonyme, pour créer une base de données de profils types de pathologie. Les cliniciens peuvent ensuite, en rentrant les données des patients directement dans le logiciel, prédire les éventuelles futures pathologies. Plus il y a de données, plus le diagnostic est précis”.

Apporter des solutions nouvelles aux problématiques de société, c’est ça l’objectif de ces nouveaux entrepreneurs. Parfois, les idées nouvelles peuvent bousculer les codes établis. “C’est ça, le boulot d’un entrepreneur” lance Vincent Heurtel. Du haut de ses 25 ans, ce jeune ingénieur agronome de la métropole de Nancy vient de développer un projet novateur. Celui de faciliter le recyclage du plastique. “Les vers de farine ont la capacité de manger du polystyrène sans incidence sur leur organisme”. Une partie du plastique est alors transformée en CO2, quand l’autre partie devient un déchet organique pouvant fertiliser les sols. 

Des idées innovantes et insolites comme celles-ci, il en existe des dizaines dans le Grand Est. Tapez dans votre navigateur « Start Up Insolite et innovante dans le Grand Est », vous tomberez sur elles. Pourtant quand on y regarde de plus près, un détail interpelle : les femmes se font rares parmi les créateurs.

Les femmes sont-elles moins innovantes ?

Quand on regarde les chiffres, force est de constater que les femmes ne représentent que 1 entrepreneur de l’innovation sur 10. Elles sont également, en majorité, concentrées dans des domaines dit “féminins” comme la santé ou le conseil.

Amandine Aubert est l’une des rares à avoir choisi le domaine industriel, avec sa Start Up EcoGreen. Elle s’attaque à la décarbonisation de l’industrie. Une entreprise qui lui a d’ailleurs permis d’obtenir le Trophée National des Femmes Cheffe d’Entreprises, lors de la finale Nationale des territoires des femmes de l’économie en 2019. « Je sais qu’on est peu de femmes dans ces domaines mais, je constate une évolution. Il y a de plus en plus de femmes qui se lancent. Le seul conseil que je peux leur donner c’est qu’il faut essayer. Si on se plante, on apprend et ce n’est pas grave. Mais si on réussit, on a tout gagné. J’en suis la preuve».

Mais pourquoi les femmes ont-elles plus de mal à se jeter dans le bain ? Selon une étude réalisée par la BPI, les femmes souffriraient plus facilement du syndrome de l’imposteur et de la peur de l’échec. Elles oseraient donc moins se lancer dans les secteurs de l’innovation, se sentent moins légitimes. Pourtant, elles auraient tout autant de chances que les hommes de développer des entreprises pérennes. Des entreprises qui passeraient les 5 ans d’existence.

La différence ? Elles sont souvent moins expérimentées dans le domaine de la création d’entreprise. “Davantage primo créatrices, elles sont plus jeunes donc avec moins d’expériences en entreprise avant de créer et elles ont deux fois moins de chance d’avoir déjà été dirigeantes au préalable”. Moins expérimentées mais plus diplômées, avec plus de 40% de titulaires d’un doctorat contre 29% pour les hommes. Une problématique que tente d’enrayer le Grand Est, en multipliant les aides.

Le Grand Est et son appétit pour l’innovation

Wormgénération, le projet qui veut révolutionner le recyclage du plastique

Vilain petit canard de l’innovation pendant longtemps, le Grand Est est vu aujourd’hui comme une terre en vogue. “Pour moi, c’est la meilleure Région pour l’innovation. Surtout pour la partie amorçage, l’accompagnement et l’aide au développement. Les gens sont ouverts au développement et savent de quoi ils parlent. On a déjà eu des échos de start-ups parisiennes qui souhaitent s’immatriculer dans la région pour avoir des aides”, affirme Charles-Antoine Robert, co-fondateur de Anam’Note.

Il faut dire que depuis une dizaine d’années, le Grand Est met les petits plats dans les grands. Aide à la création, concours Pépite, incubateurs… Les aides ne manquent pas. Ainsi pour ce qui est de l’accompagnement, la Grande Région a multiplié le nombre d’incubateurs sur son territoire. On retrouve par exemple, Nancy Innovation, Be Est, le SEMIA, Rimbaud Tech, l’Incubateur Lorrain, le Technopôle de l’Aube ou encore The Pool.

L’objectif de tout cela ? Atteindre 3% de son PIB dédié à la recherche et au développement, comme le préconise l’Union Européenne. Et pour pouvoir atteindre son but, la Grande Région mise sur les jeunes. 

D’abord en 2011, avec la création du statut d’étudiant-entrepreneurs avec le Pôle étudiant entrepreneur Lorrain (PeeL). Ou encore en 2020, avec la mise en place de la Stratégie Régionale de l’Enseignement Supérieur, Recherche et Innovation. Une stratégie élaborée en complémentarité avec les autres schémas régionaux. L’idée ? Promouvoir le projet, puis accompagner son développement, avant d’orienter sur la création. Résultat : le nombre d’étudiants fondateurs d’entreprises a été multiplié par 5.

Si l’innovation a le vent en poupe, les start-ups innovantes se heurtent néanmoins a une problématique de taille : une règlementation française qui a du mal à suivre la cadence des créateurs d’innovation.

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Journaliste Reporter d’Images pendant plus de 6 ans, j’avais envie de me tourner vers la presse écrite. Je traite principalement des sujets qui touchent à l’environnement et à l’entreprenariat féminin.

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