Le moral des entrepreneurs du Grand Est au beau fixe

Le moral au beau fixe pour les entrepreneurs du Grand Est ?

Et si la Covid avait finalement fait le bonheur des entrepreneurs ? Leur moral est au plus haut niveau depuis 3 ans. Et dans le Grand Est, le soleil brille encore plus pour les entrepreneurs. Mais qu’est-ce qui remonte le moral de nos entrepreneurs ?

2020 avait mal commencé. D’abord la crise du Covid, puis les confinements à répétition et ensuite, la détresse des entreprises. Des jours sombres s’annonçaient, surtout pour les jeunes entreprises.

Et pourtant, la surprise a été au rendez-vous. Les entrepreneurs sont finalement heureux, malgré leurs difficultés. « Quand mon entreprise a été mise en liquidation, j’avais vraiment le moral dans les chaussettes. Mais vu qu’on est beaucoup à avoir été dans ce cas à cause du Covid, je me suis senti moins seul » explique Julien, chef d’une entreprise Lorraine mis en liquidation judiciaire en juillet 2020.

Comme lui, la majorité des entrepreneurs du Grand Est ont constaté une nette amélioration de leur moral dans 4 domaines : le professionnel, le personnel, la santé et le financier. Et les raisons sont multiples. 

S’adapter, le secret d’un meilleur moral

2 297, c’est le nombre de défaillances recensées en 2020 dans le Grand Est. Soit, une diminution record de 41,7% comparé à 2019. Ceci, grâce aux aides et aux Prêts Rebond mis en place par l’État et la Grande Région : les entreprises auraient finalement moins subi de défaillances que les années précédentes.

Le Grand Est fait partie des territoires métropolitains ayant le mieux géré la crise. Un fait que l’on comprend d’autant mieux, grâce à la dernière enquête de l’association 60 000 Rebonds. Selon cette enquête, les entrepreneurs ont eu tendance à déclarer une meilleure santé professionnelle, personnelle et financière. Pour Gérard Desmaison, Coordinateur de l’Observatoire Rebond, la raison tient davantage à leur capacité d’adaptation : « Les entrepreneurs ont une formidable capacité de résilience. Ils arrivent plus facilement à rebondir en cas d’échec, comparés aux entreprises établis depuis longtemps, et à en tirer parti pour revenir fort de cet enseignement »

Et quand on parle de résilience, Gérard Desmaison a constaté que les femmes n’étaient pas en reste. « Les femmes entrepreneures ont une résilience beaucoup plus importante que celle des hommes. Parce que la résilience, c’est la capacité à faire face aux difficultés. Et les femmes, au cours de leur vie en général, font face à plus de difficultés que les hommes ». Elles représentent aujourd’hui, 25% des entrepreneurs accompagnés par l’association 60 000 Rebonds. Un nombre en constante augmentation.

Un moral plus fragile pour les entrepreneurs défaillants

« On sous-estime aujourd’hui, le traumatisme lié à la liquidation judiciaire. Ils ont des dettes, plus de revenus, plus de couverture ASSEDIC. Ça entraîne des problèmes de divorce, de santé et parfois, la perte de leur résidence personnelle. Certains pensent même mettre un terme à leur vie » explique Gérard Desmaison. 

La solitude, c’est le mal principal des entrepreneurs. Celui qui a tendance à jouer sur le moral. « En temps normal, ce sont des personnes qui ont tendance à être stigmatisés. L’échec incarne pour eux un marquage au fer rouge. L’entrepreneur a tendance à se replier sur lui-même et à se sentir rejeté » explique Gérard Desmaison. 

Une tendance accentuée lorsque l’entrepreneur n’est pas accompagné, selon l’association 60 000 Rebonds et l’Observatoire Amaro« Les entrepreneurs non accompagnés lors de leur défaillance tendent davantage vers le burn-out et subissent une pression morale supplémentaire ». Les hommes auraient d’ailleurs, plus de difficultés à demander de l’aide dans ces moments-là à l’instar de leurs homologues féminines.

L’accompagnement, un élément moteur pour les défaillants

Si l’accompagnement des entrepreneurs, au moment de la création de leur projet, est un fait indéniable, l’accompagnement en fin de vie de l’entreprise est lui beaucoup moins évident. Pourtant, venir en aide aux entrepreneurs défaillants aurait 3 bénéfices certains :

  • Éviter la marginalisation ; 
  • Les aider à comprendre leur échec et comment repartir sur de bonnes bases ;
  • Les soutenir et leur redonner confiance. 

« En général, les associations proposent un coach qui va aider l’entrepreneur sur le plan psychologique et un parrain ou une marraine pour lui fournir une aide sur le plan professionnel. Et s’il y a besoin de plus de conseils, nous proposons de les mettre en relation avec des experts», détaille Gérard Desmaison. 

Les entrepreneurs du Grand Est ne sont pas les seuls à avoir ressenti une nette amélioration de leur moral, depuis le début des confinements. L’étude de l’association 60 000 Rebonds, réalisée sur 300 chefs d’entreprise, traduit une tendance globale confirmée par l’INSEE. 

About the author

Journaliste Reporter d’Images pendant plus de 6 ans, j’avais envie de me tourner vers la presse écrite. Je traite principalement des sujets qui touchent à l’environnement et à l’entreprenariat féminin.

Laisser un commentaire