Le projet de Anam’note au sein de l’Incubateur Lorrain et du PeeL

Grand Est : Le vent souffle sur les étudiants entrepreneurs

Qui a dit qu’il y avait un âge minimum pour créer son entreprise ? Les étudiants ont de plus en plus soif d’entreprendre. Ils sont désormais considérés comme une source non-négligeable d’innovation. Un potentiel, vers lequel les yeux du Grand Est sont tournés.

Et si les étudiants étaient des entrepreneurs comme les autres ? Force est de constater que depuis une dizaine d’année, ils sont de plus en plus nombreux à tenter l’aventure. « Quand le projet a commencé à naître dans nos esprits, on était étudiants. On s’est dit que si on avait l’idée aujourd’hui, quelqu’un pourrait l’avoir demain. Donc, autant se lâcher aujourd’hui. On y croyait vraiment, plus qu’à un emploi salarié».

C’est en 2e année de master Sciences connective et intelligence artificiel à Nancy, quAnam’note est né dans l’esprit de Charles-Antoine Robert : « On utilise l’intelligence artificielle pour traiter un grand nombre de données patients anonymes et créer une bibliothèque de profils types. Ce qui permettra d’améliorer la prise en charge des patients ». Une idée innovante qui a amenée Robert et ses deux collaborateurs a créer leur entreprise en juin 2021.

Victoria Demange, elle, était en deuxième année d’ingénierie quand elle a lancé Absolu’bois « Je voulais lutter contre l’imperméabilisation des sols donc, j’ai commencé à développer un matériaux plus durable que le bitume avec un alliage bois / béton. Je voulais me sentir utile et apporter quelque chose qui face évoluer la société ».

Des jeunes entrepreneurs comme Robert ou Victoria, le Grand Est en compte 772. Avec 16,75% des effectifs, c’est la 2e région française, après l’Ile-de-France, avec le plus grand nombre d’étudiants-entrepreneurs. Dont 504 scolarisés juste en Lorraine. Un record que l’on doit au Pôle entrepreneurs étudiants de Lorraine, plus communément appelé le PeeL.

Un projet avant une entreprise

Ce programme, actuellement développé à l’échelle nationale, met l’accent sur l’état gazeux des projets plutôt que leur avancement. Une fois l’idée mise sur la table, les étudiants se voient proposer un accompagnement pour la développer.

L’aide à la création d’entreprise, elle, n’intervient qu’à la fin du processus : « En France aujourd’hui, on met le curseur au mauvais endroit en parlant de création d’entreprise. Les jeunes sont en quête de sens. Ils fourmillent d’idées mais veulent avant tout travailler sur un projet » constate Christophe Schmitt, enseignant-chercheur au sein de l’Université de Lorraine et fondateur du PeeL. « L’objectif c’est de reconnaître l’investissement de l’étudiant et de lui offrir un accompagnement, de la formation, des financements et du réseau. Par exemple, grâce à ce statut, il peut remplacer son stage par son projet ».

Un avantage et une expérience selon Charles-Antoine Robert (Anam’note) : « On avait un projet mais on n’avait aucune idée de comment gérer une entreprise. C’était un moyen d’apprendre la comptabilité, l’aspect juridique, la gestion. Au final, on a plus appris sur les deux années qui viennent de passer que dans tout notre cursus scolaire ».

Valoriser l’expérience avant le résultat, permettrait donc d’augmenter le nombre d’étudiants-entrepreneurs. Une politique qui porte ses fruits puisque 1 étudiant-entrepreneur sur 5 finit par créer une activité.

Etudiants entrepreneurs, le projet PeeLs de Lorraine
Anam’note, lauréat du PeeL, siège de l’entreprise

Un statut pour donner du crédit aux étudiants-entrepreneurs

Le statut National Étudiant-Entrepreneur a été créé en juin 2014, dans le cadre d’un plan d’action mis en place par le Ministère de l’Enseignement Supérieur. Le but est de favoriser le développement de la culture entrepreneuriale et de l’innovation.

Un statut, qui avant d’être valorisé à l’échelle nationale, a été mis en place en Lorraine dès 2010 au sein du PeeL, à l’initiative de Christophe Schmitt « À l’époque, l’entrepreneuriat était surtout accessible à des jeunes qui évoluaient dans un écosystème entrepreneurial, via leurs parents ou leur entourage. Ce qui ne représentait qu’une petite partie des étudiants. On a estimé qu’il fallait en parler à tous les jeunes, même ceux qui n’y avaient pas accès. On considère que l’Université a un rôle social et sociétal dans sa globalité ».

L’entreprenariat étudiant, un bénéfice net

« 1€ investit dans le développement de l’entrepreneuriat étudiant, c’est 60€ redistribué sur le territoire ». Là est le résultat de l’étude inédite qui sera publiée prochainement par l’Université de Lorraine. Investir dans l’entrepreneuriat des jeunes serait en effet, un moyen de développer l’économie et l’emploi.

Depuis 2017, plus de 180 emplois salariés ont été créés dans la région grâce à l’écosystème du PeeL. Un résultat édifiant qui reflète la nécessité de développer l’entrepreneuriat des jeunes selon Christophe Schmitt « On voit la nécessité de se développer sur le public étudiant, d’autant plus qu’il n’est plus forcément nécessaire d’avoir des finances pour créer. Et on a de très belles réussites. Certaines des entreprises qu’on a accompagnés, ont plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires. C’est un vrai potentiel ».

Y’a t’il des étudiantes parmi les entrepreneurs?

Autre constat, les étudiantes auraient moins de freins que les autres entrepreneures. Elles représentent plus 35% des porteuses de projets du PeeL. « On a beaucoup travaillé sur les plafonds de verre et les freins à l’entrepreneuriat au féminin. On préfère d’ailleurs ce terme car, ça reste de l’entrepreneuriat ».

C’est en tout cas, ce que confirme Victoria Demange pour son projet Absolu’bois « Je n’ai pas ressenti de différence avec les autres étudiants. Je trouve ça bien de promouvoir l’entrepreneuriat féminin. Ça donne confiance en soi. C’est une expérience sympa donc, si ça peut en encourager certaines, c’est tant mieux ! ». 

Aujourd’hui 98 007 jeunes, soit 1 étudiant sur 2, sont touché par les actions de sensibilisation à l’entrepreneuriat. Des étudiants sensibles à leur avenir qui veulent devenir les entrepreneurs de demain.

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Journaliste Reporter d’Images pendant plus de 6 ans, j’avais envie de me tourner vers la presse écrite. Je traite principalement des sujets qui touchent à l’environnement et à l’entreprenariat féminin.

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