Camille Becht : «Ma tenacité a fait de moi l’entrepreneure que je suis aujourd’hui ! »

Camille Becht a créé il y a 7 ans, en Alsace, un réseau de soins et massages proposés en hôtels, à domicile et en entreprises. Avec son équipe de spas praticiens, l’entreprise est aujourd’hui leader sur la région Grand Est en nombre de prestations et envisage un développement en franchise. Rencontre avec l’infatigable Camille, qui retrace un parcours forgé à force de ténacité.

1-Camille, tu t’épanouis complètement dans le secteur du wellness, tu as créé un réseau de praticiens et une belle notoriété auprès des plus grands hôtels de la région, quel est ton parcours ?

Il tient beaucoup au hasard… Je finissais des études d’assistante de gestion qui ne me passionnaient pas. J’étais peu soutenue par ma famille et je n’avais jamais pris le recul nécessaire pour réaliser que j’avais envie d’aventure et de prise de risque. Pas vraiment la voie tracée pour une assistante de gestion qui parlait mal anglais ! J’ai donc décidé de partir à Londres pour perfectionner mon anglais. Après une semaine ratée dans la restauration, j’ai répondu à une annonce qui proposait une formation courte de « massage therapist » et des missions dans la foulée. J’ai rencontré la Française qui avait créé cette entreprise et elle m’a vite convaincu ! J’ai toujours aimé masser, j’aurais adoré faire des études de kiné, mais la première année de médecine n’était pas à ma portée… Après 2 jours de formation, j’ai fait mon premier massage, avec la boule au ventre, mais tout s’est formidablement bien passé ! Au final, j’ai vraiment le sentiment que cette expérience m’a révélé et ouvert une nouvelle voie. De retour en France, j’ai exercé comme spa praticienne indépendante, pendant 4 à 5 ans.

2- Tu exerçais en indépendante, comment t’est venue l’envie de créer ta propre entreprise ?

Il y a 10 ans, le secteur était peu développé en France, mais il commençait à se structurer. J’ai vite été confrontée à la difficulté de se faire connaître, de se faire un réseau et j’ai poursuivi, en parallèle de mon activité, des formations aux différentes techniques de massage du monde. J’ai démarché de grands hôtels qui ont apprécié ma motivation et ont décidé de me faire confiance. Mais le fait d’exercer en indépendante et de ne pouvoir compter que sur moi ne me semblait pas viable pour l’avenir. J’ai repensé au business model de cette Française de Londres et m’en suis inspirée dans mon projet de création d’entreprise, car ce concept n’existait pas en France.

3- Justement quelles difficultés as-tu rencontrées dans ton parcours entrepreneurial ?

J’ai été très mal accompagnée ! Le métier était méconnu et on ne savait pas à quelle chambre consulaire me rattacher. J’aurais sans doute pu bénéficier d’un accompagnement plus personnalisé, d’aides aux jeunes créateurs d’entreprise, intégrer une pépinière pour être suivie… mais au final, je n’ai pu compter que sur ma ténacité. Quand j’ai quelque chose en tête, rien ne peut s’opposer à ma volonté (rires) ! Je ne dirais pas que j’ai fait des erreurs, mais plutôt que j’ai perdu beaucoup de temps et d’argent, car je ne savais pas comment m’y prendre.

Ensuite il m’a fallu trouver des hôtels spas partenaires. Le Holiday Inn, le Diana, le Lion d’Or m’ont fait confiance. Mon expertise de gestion globale de leurs centres de soins et mon professionnalisme ont convaincu ces hôteliers dont ce n’est pas le métier. J’ai donc mis ma vie personnelle entre parenthèse. J’ai multiplié les afterworks où je pouvais rencontrer des décideurs mais j’ai vite déchanté. Les hommes ne parlent business qu’entre eux… et je manquais de confiance. Les premières années, j’ai beaucoup travaillé pour ne pas gagner grand-chose (rires) ! Aujourd’hui, quand je me projette, je pense d’abord à la rentabilité.

4- Aujourd’hui comment gères-tu ton activité ? Quels sont tes futurs projets ?

Je travaille avec plus de 20 hôtels 4 et 5 étoiles, dont des hôtels spas en Alsace, avec un réseau de 16 spas praticiens indépendants. Pour ces hôtels, c’est tout bénéfice d’externaliser cette prestation ! Ils peuvent compter sur notre réactivité et notre professionnalisme et n’ont pas à s’occuper ni des stocks, ni des plannings, ni du personnel, tout en touchant également une commission sur les soins. Nous proposons aussi des prestations à domicile ou en entreprises (nous amenons tout le matériel nécessaire).

Pour apporter de la cohérence à l’offre de soins Camille Becht, j’ai créé une filière de formation certifiante, où j’enseigne les protocoles de soins qui ont fait ma notoriété. Nous avons déjà formé une centaine de spas praticiens et j’en ai fait travailler une quarantaine ! Par souci de cohérence encore, et parce que cela fait aussi partie de l’image de la société, j’ai créé il y a 3 ans une ligne de produits Camille Becht, avec une chimiste parfumeur alsacienne, très attachée au naturel et à la production artisanale. Mais le projet qui m’occupe le plus actuellement, c’est le développement d’une franchise nationale Camille Becht. Nous proposerons un package complet avec des formations, une gamme de produits de qualité, des outils de communication, un logiciel et une application qui simplifient la gestion de l’activité pour le franchisé, les hôteliers et les spas praticiens.

5-Si tu avais des conseils à donner à des femmes qui veulent se lancer dans le secteur du bien-être ?

La polyvalence. Souvent les praticiens se lancent avec quelques formations de massage, mais il faut bien plus pour vivre de son activité : un bon contact commercial, des notions de comptabilité, juridiques et de communication. Quand on part de rien, il faut s’accrocher, avec de la motivation tout est possible ! En tant que femme, je regrette qu’on ne nous éduque pas dans l’idée d’être un jour chef d’entreprise. Ça ne nous aide pas à avoir confiance en nous. Pourtant il faut se faire confiance et à son intuition ! Il faut aussi savoir se remettre en question ; mon manque de confiance en moi m’y a aidé (rires). Aujourd’hui, je touche à tout, je suis une vraie entrepreneure (rires) ! Il faut oser embaucher pour trouver un équilibre entre sa vie personnelle et professionnelle. Mais au début on ne compte pas ses heures et on travaille 7jours/7 ! Vu sous cet angle, on pourrait dire que je suis encore au début… (rires).

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